Des techniques de stérilisation BioTop
Date de la dernière modification :
30-11-2011
"La
destruction
des
micro-organismes
ou
stérilisation
est
indispensable
lors
de
la
préparation
du
matériel
et
des
milieux
destinés
aux
manipulations,
ainsi
qu'avant
le
lavage
ou
l'élimination
du
matériel
et
des
milieux
utilisés.
Dans
le
premier
cas,
il
est
indispensable
d'utiliser
des
méthodes
qui
ne
sont
pas
susceptibles
de
gêner
la
prolifération
ultérieure
des
germes
étudiés
:
on
utilise
essentiellement
des
méthodes
physiques.
Dans
le
deuxième
cas,
il
sera
possible
d'utiliser
des
méthodes
plus
variées
et
à
effet
plus
durable
(méthodes
physiques
ou
chimiques).
Il
faut
opposer
la
stérilisation
qui
est
la
destruction
totale
des
germes,
à
la
désinfection
qui
est
une
destruction
plus
grossière.
La
loi
de
destruction
des
micro-organismes
est
de
type
logarithmique.
Le
nombre
d'individus
tués
est
lié
à
la
population
et
au
temps
d'exposition.
Du
fait
de
la
loi
de
destruction,
il
est
nécessaire
de
réduire
au
maximum
le
nombre
de
germes
présents
avant
stérilisation
par
l'emploi
de
matériel
propre
et
peu
pollué,
de
stériliser
pendant
un
temps
relativement
long,
de
vérifier
la
destruction
des
germes,
d'établir
et
d'utiliser
éventuellement
un
barème
de
stérilisation.
I - STÉRILISATION PAR LES MÉTHODES PHYSIQUES A - STÉRILISATION PAR LA CHALEUR 1
- LE
FLAMBAGE
Il
est
basé
sur
l'emploi
du
bec
Bunsen.
Cette
méthode
est
utilisée
pour
la
stérilisation
extemporanée
(pour
utilisation
immédiate)
du
matériel
de
manipulation
:
extrémité
de
l'öse,
extérieur
des
pipettes
Pasteur
et
pipettes
graduées,
col
des
tubes
à
essai,
tubes
contenant
des
milieux
de
culture,
erlenmeyers
et
flacons
divers,
étaloirs
...
Il
est
à
noter
que
le
bec
Bunsen,
réglé
avec
une
flamme
bleue,
la
plus
chaude,
crée
une
zone
de
stérilité
d'un
diamètre
d'environ
20
cm,
par
ascendance
de
l'air
de
cette
zone.
Toutes
les
manipulations
d'ouverture
de
tubes
et
boîtes
de
culture,
d'ensemencement,
devront
être
réalisées
dans
ce
diamètre.
Pour
que
cette
zone
soit
effectivement
stérile,
les
courants
d'air
et
déplacements
de
personnes
sont
à
proscrire.
2 - LE FOUR PASTEUR C'est
un
four
-
étuve
à
air
chaud
et
sec.
Il
est
utilisé
pour
la
stérilisation
de
la
verrerie
vide
(tubes
à
essai,
boîtes
de
Pétri,
tubes
à
culture
et
bouchons,
pipettes
Pasteur
et
récipients
divers).
La
verrerie
à
stériliser
doit
être
propre
et
parfaitement
sèche,
éventuellement
bouchée
avec
du
coton
et
emballée
dans
du
papier
solide.
Elle
est
alors
disposée
à
l'intérieur
du
four
et
subit
un
chauffage
de
:
-
30
minutes
à
1
heure
à
170°
-
180°C ou
-
2
heures
à
160°C
ce
qui
a
pour
but
d'éviter
le
brunissement
du
coton.
Le matériel ainsi stérilisé sera laissé dans l'étuve jusqu'à son refroidissement complet, puis stocké à l'abri des poussières. Pour ces opérations, compte tenu des températures relativement élevées, il est conseillé d'utiliser le plus possible de la verrerie de type "pyrex". 3
- L'
AUTOCLAVE
C'est
un
appareil
très
performant
qui
est
indispensable
dans
une
unité
de
microbiologie.
Il
est
utilisé
pour
stériliser
les
milieux
de
culture
neufs
ou
souillés,
mais
peut
également
stériliser
tout
autre
matériel
de
microbiologie.
Le
chauffage
a
lieu
sous
pression
de
vapeur
d'eau,
à
une
température
de
100°
à
130°C,
pendant
une
durée
qui
varie
en
fonction
du
milieu,
de
la
température
utilisée
et
du
volume
des
récipients.
En
milieu
saturé
d'humidité
et
sous
pression,
la
stérilisation
s'opère
à
des
températures
inférieures
à
celles
qui
sont
nécessaires
en
milieu
sec.
Le
matériel
à
stériliser
est
déposé
dans
les
paniers
métalliques
de
l'autoclave
dont
on
aura
vérifié
le
niveau
d'eau
avant
chaque
opération
de
stérilisation.
Les
récipients
sont
préalablement
bouchés
avec
du
coton
(éviter
de
le
prendre
avec
les
doigts
-
utiliser
de
préférence
une
pince)
et
recouverts
de
papier
d'aluminium
ou
de
papier
d'emballage
très
résistant.
Pour
la
suite
des
opérations
:
mise
en
chauffe,
jet
de
vapeur,
montée
de
pression,
lire
attentivement
la
notice
du
constructeur.
Ces
appareils
étant
relativement
chers,
on
peut
utiliser
une
cocotte
minute
spécialement
achetée
et
réservée
à
cet
usage.
Les
températures
atteintes
ne
dépassant
pas
115°C,
les
temps
de
chauffe
seront
prolongés
de
la
moitié
du
temps
nécessaire
en
autoclave.
Attention
à
prendre
un
modèle
suffisamment
haut,
pouvant
accepter
les
tubes
de
culture
dans
leur
galerie
métallique.
4 - AUTRES MÉTHODES Certains
milieux
de
culture
fragiles
(comme
les
milieux
au
désoxycholate)
ne
supportant
pas
les
températures
élevées,
on
procède
à
une
ébullition
à
100°C.
PASTEURISATION
La
pasteurisation
est
toujours
suivie
d'un
refroidissement
rapide.
Elle
peut
se
faire
en
bouteilles
ou
en
vrac.
Dans
le
premier
cas,
utilisé
essentiellement
pour
la
bière,
le
cidre
ou
les
jus
de
fruits,
la
boisson
est
mise
en
bouteilles;
celles-ci
sont
capsulées
puis
soumises
à
une
aspersion
d'eau
de
plus
en
plus
chaude,
jusqu'à
65
-
75°C;
elles
séjournent
à
cette
température
pendant
20
à
30
minutes,
puis
elles
sont
refroidies
par
de
l'eau
de
plus
en
plus
froide.
La
pasteurisation
en
vrac,
généralement
utilisée
dans
le
cas
du
lait,
peut
se
faire
de
deux
façons
:
dans
la
pasteurisation
basse,
le
lait
est
chauffé
à
60
-
70°C
pendant
30
minutes,
ce
qui
nécessite
des
récipients
de
volume
important;
dans
la
pasteurisation
haute,
la
plus
utilisée
en
France,
le
lait
est
chauffé
à
85
-
90°C
pendant
20
à
30
secondes.
Cette
opération
se
fait
dans
des
appareils
à
plaques
ou
à
tubes.
L'appareil
se
divise
en
3
parties
:
l'échangeur,
dans
lequel
le
lait
froid
se
réchauffe
en
échangeant
de
la
chaleur
avec
le
lait
pasteurisé;
le
pasteurisateur
proprement
dit;
et
le
réfrigérant,
où
le
lait
pasteurisé,
qui
a
déjà
été
refroidi
par
le
lait
froid,
va
se
refroidir
encore
en
échangeant
sa
chaleur
d'abord
avec
de
l'eau
froide,
puis
avec
de
l'eau
glacée.
TYNDALLISATION John
TYNDALL :
physicien
irlandais
(Leighlin-Bridge
1820
-
Hinhead,
Surrey,
1893).
Il
a
découvert
le
phénomène
de
regel
de
la
glace
(1871),
grâce
auquel
il
a
expliqué
la
marche
des
glaciers,
ainsi
que
l'effet
qui
porte
son
nom.
Il
a
imaginé
une
méthode
de
stérilisation
qui
consiste
en
chauffages
discontinus
à
une
température
relativement
basse
(60
ou
70°C
suivant
le
cas),
suivis
de
refroidissements.
On
admet
qu'au
cours
de
ces
périodes
de
chauffage
discontinu,
les
bactéries
perdent
leur
aptitude
à
sporuler.
Actuellement,
la
tyndallisation
consiste
en
une
série
de
3
pasteurisations
de
1h.
à
70
-
80°C,
séparées
par
un
intervalle
de
24
heures
à
température
ambiante,
ce
qui
permet
la
germination
et
la
destruction
des
spores,
sans
l'emploi
d'une
température
excessive.
Cette
méthode
est
utilisée
pour
les
milieux
fragiles
contenant
sérum,
oeuf
ou
toute
substance
thermosensible
de
forte
viscosité
qui
ne
peut
être
stérilisée
par
filtration.
Dans
le
cas
de
son
utilisation,
il
faut
veiller
à
la
protection
des
cotons,
car
l'humidité
excessive
entraîne
des
contaminations.
FLAMBAGE A L' ALCOOL Il est utilisé pour la stérilisation de matériel de manipulation en verre, ou la désinfection des paillasses. Attention, opération dangereuse ! B - STÉRILISATION PAR FILTRATION Cette
méthode
est
utilisée
pour
les
milieux
sensibles
à
la
chaleur,
mais
n'est
possible
que
lorsque
la
viscosité
de
ces
milieux
est
faible.
On
utilise
alors,
suivant
le
cas,
les
bougies
de
porcelaine
(type
Chamberland),
les
filtres
de
verre
poreux
(le
verre
fritté
N°5
arrête
de
nombreuses
bactéries)
ou
les
membranes
filtrantes
à
usage
unique,
de
type
Millipore
ou
Sartorius.
Ces dernières sont actuellement les plus utilisées dans les laboratoires. C
- STÉRILISATION
PAR
LES
RADIATIONS
La
stérilisation
par
les
U.V.
est
utilisée
au
laboratoire
pour
la
décontamination
de
l'air
et
des
paillasses
situées
sous
la
hotte
de
protection
:
le
rayonnement
n'agit
que
de
façon
directe
et
sa
pénétration
est
faible.
Des
instruments
ou
des
récipients
tels
que
les
boîtes
de
Pétri
peuvent
être
stérilisées
de
la
sorte.
D'autres
radiations
(rayons
X, , )
,
peu
utilisées,
peuvent
cependant
servir pour
la
stérilisation
industrielle
des
boîtes
de
Pétri
en
matière
plastique
:
stérilisation
par
ionisation.
II
- STÉRILISATION
PAR
DES
AGENTS
CHIMIQUES
Ils
sont
utilisés
en
général
pour
la
désinfection
des
salles
et
plans
de
travail
et
pour
la
destruction
des
germes
portés
par
des
instruments
souillés.
Ce
mode
de
stérilisation
doit
être
systématiquement
pratiqué,
dans
nos
laboratoires,
pour
les
lames
et
pour
la
verrerie
qui
ne
passe
pas
en
autoclave.
1) LES ANTISEPTIQUES LIQUIDES L'alcool
éthylique
à
60% pour
la
désinfection
des
paillasses
et
des
instruments.
Mais
certains
germes
étant
résistants,
la
désinfection
n'est
pas
toujours
évidente.
L'hypochlorite
de
sodium
(eau
de
Javel) est
utilisée
dilué
au
1/4
dans
les
bacs
destinés
à
recevoir
les
lames
usagées,
ou
en
pissette
pour
la
désinfection
des
mains,
des
paillasses
et
des
sols.
Rappelons
que
l'eau
de
Javel
est
toujours
largement
employée
en
milieu
hospitalier,
dans
certaines
industries
et
à
domicile.
Les savons
et
détergents agissent
surtout
par
leur
pouvoir
mouillant,
ce
qui
facilite
l'élimination
des
germes.
Dans
le
commerce,
des
produits
antiseptiques
(Désogerm
sp.
par
exemple)
sont
très
efficaces
sur
les
bactéries
et
sans
danger
pour
l'homme.
On
les
emploie
pour
désinfecter
le
petit
matériel,
les
appareils
de
fabrication
en
industrie,
mais
aussi
les
paillasses
et
les
mains
après
manipulations,
dans
les
cabinets
médicaux
et
dentaires,
les
laboratoires
...
2) LES ANTISEPTIQUES GAZEUX Les
vapeurs
d'une
solution
chauffée
de
formol
sont
utilisées
pour
désinfecter
les
pièces
et
les
étuves.
Dans
les
années
70,
les
salles
de
classe
étaient
désinfectées
par
ce
procédé.
Au
Centre
hospitalier
de
Haguenau,
nous
avons
observé
une
enceinte
à
vapeur
de
formol
et
d'ammoniac,
servant
à
la
désinfection
des
couveuses
et
des
respirateurs,
le
rôle
de
l'ammoniac
étant
de
diminuer
la
toxicité
des
vapeurs.
L'oxyde
d'éthylène
est
utilisé
dans
l'industrie
pour
la
désinfection
de
certains
matériels
en
plastique
à
usage
unique.
Dans
les
centres
hospitaliers,
une
enceinte
est
réservée
à
ce
type
de
désinfection
pour
le
matériel
d'intubation
par
exemple,
qui
ne
supporte
pas
l'échauffement.
Ce
matériel,
acheté
stérile
passe
une
seule
fois
dans
l'enceinte
à
oxyde
d'éthylène,
pour
une
deuxième
utilisation,
puis
il
est
détruit.
En
conclusion,
on
peut
noter
que
les
types
de
stérilisation
sont
nombreux
et
que,
quelque
soit
le
matériel
à
traiter,
il
existe
actuellement
une
méthode
adaptée.
A
notre
niveau,
dans
un
laboratoire
ou
une
salle
de
classe
dans
laquelle
les
élèves
manipulent
des
souches
bactériennes,
il
est
indispensable
de
respecter
les
règles
fondamentales
de
l’asepsie
:
-
Port
d'une
blouse
en
coton,
fermée.
-
Travail
dans
la
zone
de
stérilité
du
bec
Bunsen.
-
Flambage
rapide
des
orifices
des
tubes
à
cultures
et
du
matériel
de
prélèvement
et
d'ensemencement.
-
Immersion
de
toutes
les
lames
et
petit
matériel
dans
l'eau
de
Javel.
-
Nettoyage
rigoureux
des
mains
avant
et
après
la
séance.
-
Nettoyage
des
paillasses
et
du
matériel
éventuellement
contaminé.
-
Lavage
à
ébullition
des
blouses
contaminées.
-
Au
niveau
du
laboratoire,
les
boîtes
de
Pétri
et
tubes
de
culture
usagés
seront
entièrement
immergés
dans
de
l'eau
de
Javel
pendant
24
h.
Les
boîtes
en
plastique
seront
ensuite
incinérées.
- La verrerie et tout le matériel supportant la chaleur seront soigneusement lavés puis stérilisés dans une étuve à chaleur sèche (180°C pendant 30 à 45 minutes) ou un autoclave (120°C pendant 20 à 30 minutes). |