Rein,
rén(o)- Du latin renalis [rén(o)-, -rénal, rénine], relatif aux reins. Voir aussi la page "néphr(o)-". Le mot rein est issu, vers 1120, du latin ren, renis (presque toujours au pluriel rennes) qui signifie "région lombaire",
mais aussi "lombes", "dos", "flancs". Il a d'abord été employé uniquement au
pluriel, notamment dans des expressions comme "tours de reins" vers 1870, "coup
de reins" en 1891. En argot ancien, "avoir quelqu'un aux reins" signifiait être
poursuivi par qqn. On dirait aujourd'hui "avoir quelqu'un aux fesses" !
Dans les écrits bibliques, les reins étaient associés (siège de) aux passions
et aux impulsions inconscientes, comme le cœur l'était à l'activité consciente
: "sonder les reins et les cœurs".
D'autres expressions attestent que le sens premier de "reins" était bien celui
de "région lombaire", "dos" ou "flancs", comme "avoir les reins solides", "(se)
casser les reins ou à qqn".
Le singulier rein, attesté pour la première fois en 1328, puis en 1538 dans des
textes médicaux est donc très probablement un emprunt au latin médical pour
désigner les 2 organes sécréteurs d'urine, du fait qu'ils se trouvent dans les
lombes.
Pour expliquer que le mot rein ne soit apparu qu'au 19e siècle, il faut
savoir qu'on utilisait avant la racine "néphro-", du grec "nephros"
ou du bas latin "nephriticus" (malade affligé de douleurs rénales) qui
désignait le rein en tant qu'organe producteur d'urine, dans des mots
aujourd'hui disparus ou très peu utilisés comme gravelle (pour la néphrite),
néphritide, néphrésie, néphrétie, entre autres.
Rein Rénal Réniforme Rénovasculaire
Urologie néphrologie, anatomie, chirurgie
- [Angl. : Kidney, Renal, Reniform, Renovascular] N. m. * rein : du latin renalis [rén(o)-, -rénal, rénine], relatif aux reins.
Le rein est un organe pair (il y en a normalement deux), de couleur brun rouge, situé dans la région
lombaire de part et d'autre de la colonne vertébrale, et dont la principale
fonction est la fabrication et la sécrétion de l'urine. En forme de gros haricot
aplati, le rein mesure environ 12 x 6 x 3 cm. Coupe sagittale d'un rein
Le droit est situé juste sous le
foie, alors que le gauche est contre la rate. Les reins sont entourés par une
capsule fibreuse et très résistante. On trouve ensuite, de l'extérieur vers
l'intérieur, une zone corticale ou cortex ou zone glomérulaire, qui contient
jusqu'à un million de glomérules (voir ci-dessous) par rein. Puis la zone
médullaire, formée par les pyramides de Malpighi, elles-mêmes constituées d'un
nombre plus ou moins important de tubes collecteurs. Schéma simplifié de l'appareil urinaire
Tous ces tubes collecteurs
s'ouvrent dans les calices, qui donnent accès au bassinet, zone où est collectée
l'urine avant d'être évacuée par les uretères vers la vessie.
Adjectifs : rénal : qui se rapporte au rein ; réniforme : qui a une forme de
haricot, semblable à un rein ; rénovasculaire : qui se rapporte aux reins et aux
vaisseaux sanguins.
* Des cellules aux reins : Les déchets cellulaires sont pris en charge
par la lymphe interstitielle, puis passent dans les capillaires sanguins -->
veines caves --> oreillette droite --> ventricule droit --> artères pulmonaires
--> poumons --> veines pulmonaires --> oreillette gauche --> ventricule gauche
--> artère aorte --> artères rénales --> reins, à raison de 1 500 litres de sang
par jour !
* Les trois fonctions du rein : c'est un organe particulièrement bien
vascularisé. Les capillaires issus de l'artère rénale se pelotonnent et forment
les glomérules. Ce sont eux qui constituent l'essentiel de la zone corticale ou
glomérulaire, entre la capsule fibreuse et les pyramides de Malpighi. Détail d'un néphron et de son tube collecteur
Autour de chaque glomérule, une capsule creuse ou capsule de Bowman est le point
de départ d'un tube urinifère (à ne pas confondre avec le tube collecteur).
On appelle néphron l'ensemble glomérule + capsule +
tube urinifère. C'est l'unité anatomique et fonctionnelle de filtration.
Détail important pour comprendre l'efficacité du filtre rénal : les
néphrons d'un rein mis bout à bout représentent environ 75 kilomètres !
1 - Par différence de pression, 170 litres d'urine primitive passent chaque jour
des glomérules (pression > 50 mm Hg) dans les capsules (p = 10 mm Hg). Les activités du néphron
Cette
urine primitive est constituée d'eau et de petites molécules, sels minéraux,
glucides ... Cette première phase est la filtration glomérulaire.
2 - Pendant le trajet dans les tubes urinifères, 99% de l'urine primitive sont
réabsorbés par les réseaux capillaires (eau, sels minéraux, glucose ...).
Certaines substances ne sont éliminées dans l'urine que si leur concentration
dans le sang dépasse un certain seuil : 1,7 g/L pour le glucose, 5,6 g/L pour le
sel NaCl etc. Ce sont des substances à seuil.
D'autres sont éliminées quelle que soit leur concentration : urée, acide urique,
enzymes et hormones dégradées, médicaments, nicotines, anabolisants, certaines
drogues ou leurs produits de dégradation ... Ce sont les substances sans seuil. Cette deuxième phase est la réabsorption
tubulaire.
3 - Le rein transforme des substances toxiques (ammoniaque par ex.) en produits
inoffensifs : acide hippurique, sels ammoniacaux, et synthétise des pigments
urinaires : urochrome et urobiline. Cette troisième phase est celle des synthèses.
Trajet complet de l'urine : néphrons --> tubes collecteurs --> calices
--> bassinet --> uretères --> vessie --> urètre --> miction.
En filtrant sélectivement le sang et en réabsorbant les éléments utiles, le rein joue un rôle détoxiquant et assure la régulation du volume et de la composition chimique du milieu intérieur, c'est-à-dire le maintient de l' HOMÉOSTASIE, grâce à l'action conjuguée de plusieurs hormones, dont l'ADH*, antidiurétique (hypothalamus et hypophyse) et l'aldostérone* (surrénale). Le rein sécrète aussi l'EPO ou érythropoïétine, hormone qui permet la maturation des globules rouges dans la moelle osseuse. Il permet en outre la transformation de la vitamine D en sa forme active. |
Principales pathologies rénales : le cancer du
rein, le kyste du rein. Pour d'autres pathologies, voir la page néphro.
* ADH : Endocrinologie et métabolismes,
médecine biologique - Abrév. Antidiuretic
hormone. *Anti-
: préfixe indiquant l’hostilité, l’opposition ou la défense (contre) * dia : du préfixe grec dia- signifiant soit « séparation, distinction », soit
« à travers » * urétique : du grec oûron [uro-, -urie, -urèse,
-urétique], urine * hormone : du grec hormôn [hormon(o)-,
hormonal], exciter. L'ADH ou hormone antidiurétique ou vasopressine est une hormone qui
intervient dans la régulation des mouvements de l'eau dans l'organisme en diminuant les sorties
d'eau dans les urines. C'est un polypeptidique de 9 acides aminés, synthétisé dans l'hypothalamus
puis acheminé par le flux axonique jusqu'à l'hypophyse postérieure où il est stocké.
Son action s'exerce sur le rein en favorisant la réabsorption de l'eau en
augmentant les perméabilités du tube contourné distal et du tube collecteur. Sa
sécrétion est activée par une hyperosmolarité plasmatique (osmorécepteurs
hypothalamiques), une hypovolémie (volorécepteurs de l'oreillette gauche), une
hypotension (barorécepteurs du sinus carotidien et de la crosse aortique).
L'hypotonie plasmatique, l'hypervolémie et l'hypertension inhibent sa sécrétion.
* Aldostérone : Endocrinologie et métabolismes,
médecine biologique - N. f. * aldo : du mot ald[éhyde], lui-même formé à partir de al[cool] déhyd[rogenatum] ; * stérone : du grec stereos [-stérol, -stéroïde, -stérone], solide qui, avec kholê (bile)
a formé cholestérol, découvert sous forme de cristaux blancs solides dans les
liquides et les cellules de l’organisme ; désigne aussi les corps qui dérivent
du noyau stérol.
L'aldostérone est une hormone minéralocorticoïde (sécrétée par la
corticosurrénale et qui agit sur l'équilibre hydrominéral) stéroïde, de poids
moléculaire 360, impliquée dans la régulation de l'équilibre hydrominéral. Elle
agit au niveau du rein, plus précisément des néphrons, en augmentant la
réabsorption du sodium urinaire (NaCl) et en favorisant l'excrétion du potassium
dans les urines, ce qui provoque une rétention d'eau. De plus, cette hormone
déterminant une sensation de soif au niveau des centres hypothalamiques
(dipsostat - du grec dipsos [dips(o)-, -dipsie], soif ; du grec statos, stasis [stat(o)-, -stat,
-stase,
-stasie, -statique, -statisme], station verticale, base, arrêt, stable),
le sujet boit ce qui contribue à augmenter la volémie. La libération de
l'aldostérone est sous la dépendance de l'angiotensine II. Ainsi, une partie de
l'action hypertensive de l'angiotensine II est due à la libération
d'aldostérone.
L'aldostéronisme (ou hyperaldostéronisme) est la sécrétion excessive
d'aldostérone, ce qui perturbe le bilan sodium - potassium), une hypertension
artérielle, une rétention du sodium Na et une fuite urinaire de potassium K
(hyperkaliurie). Il en résulte une alcalose métabolique. On distingue
l'hyperaldostéronisme primaire, dû souvent à la présence d'un adénome
surrénalien (c'est le syndrome de CONN) et l'hyperaldostéronisme
secondaire, dans lequel tout le système rénine - angiotensine - aldostérone est
perturbé. A noter que la sécrétion d'aldostérone est augmentée pendant les
grossesses. Haut de page.
Rein artificiel
Urologie néphrologie, médecine biologique
- [Angl. : Artificial kidney] N. m. * rein : du latin renalis [rén(o)-, -rénal, rénine], relatif aux reins.
Le rein artificiel est un appareil fixe ou un équipement portable qui permet de
palier la déficience des reins. Ce procédé est pous connu sous le nom
d'hémodialyse ou hémodiafiltration. * hémo : du grec haima, [-émie, héma-, hémat(o)-, hémo-] : relatif au sang ; * dia : du préfixe
grec dia- signifiant soit « séparation, distinction », soit
« à travers » ; * filtration : du latin
médiéval filtrum [-filtre, -filtration], appareil ou action qui permet de
séparer un liquide des matières qui s’y trouvent en suspension. L'hémodiafiltration est en fait la
combinaison de deux techniques : l'hémodialyse et l'hémofiltration (nommée
aussi à tort "rein artificiel"). Appelée également C.V.V.H.D.
(hémodiafiltration veino-veineuse continue), cette technique a fait l'objet
d'une circulaire DGS/DH/AFSSAPS n° 2000-311 du 7 juin 2000 : DGS = Direction
Générale de la Santé ; DH = Direction des Hôpitaux ; AFSSAPS : Agence
Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé.
L'hémodialyse utilise deux mécanismes
essentiels de transfert de soluté : la diffusion (les molécules passent à
travers une membrane perméable du milieu le plus concentré vers le milieu le
moins concentré) et la convection : création d'un mouvement continu par
injection d'un soluté et récupération d'un dialysat. Les modalités
techniques de l'hémodialyse dépendent de la perméabilité de membranes
utilisées : il en existe à haute et à basse perméabilité. L'appareil
utilisé est un hémodialyseur.
Dans l'hémofiltration, le transfert des
solutés est purement convectif, avec une membrane de haute perméabilité.
L'appareil injecte une solution de composition proche de celle d'un ultrafiltrat
plasmatique avec un débit équivalent à celui de l'ultrafiltration.
L'hémodiafiltration est un combiné des techniques précédentes,
utilisant la diffusion pour les petites molécules de déchets et la convection
pour l'extraction des déchets de poids moléculaire élevé. Cette technique
nécessite 2 solutions : un dialysat et une solution de substitution. Lorsque
l'hémofiltration et l'hémodiafiltration sont effectuées en ligne, la
présence d'un médecin néphrologue est obligatoire.
Comment se passe une séance d'hémodialyse ? Commentaire d'une
patiente (et amie) soumise à 3 séances par semaine, en attente d'une greffe. Haut de page.
Rénine Réninémie Rénine-angiotensine (système) Rénine-angiotensine-aldostérone (système)
Endocrinologie et métabolismes, médecine biologique,
urologie néphrologie - [Angl. : Renin, Plasma renin activity,
Renin-angiotensin system, Renin-angiotensin-aldosterone system] N. f. * réno : du latin renalis [rén(o)-, -rénal, rénine], relatif aux reins ; * ine : du suffixe -in, -inal(e), -ine, -inine, servant à transformer un mot ou un adjectif en
un autre mot ou substantif.
La rénine est une enzyme protéolytique (qui agit sur les protéines) sécrétée par
l'appareil juxtaglomérulaire du rein (zone située à proximité des glomérules).
La rénine n'a pas d'action directe sur l'organisme, mais fait partie de ce que
l'on appelle le système rénine-angiotensine ou encore le système
rénine-angiotensine-aldostérone. Elle provoque l'hydrolyse dans le sang de
l'angiotensinogène produit par le foie en angiotensine I (décapeptide),
elle-même transformée en angiotensine II (octopeptide) par une enzyme appelée
enzyme de conversion, qui est la substance vasoconstrictrice la plus puissante
de l'organisme. L'angiotensine II provoque la constriction des artérioles, ce
qui a pour effet immédiat d'augmenter la TA (tension artérielle). Autre effet de
l'angiotensine II : elle active la production d'aldostérone par les surrénales,
provoquant de ce fait une rétention de sodium (NaCl) et d'eau, ce qui augmente
encore la TA. La libération de rénine est provoquée par une chute de la
concentration en ions sodium Na+ qui serait détectée directement au
niveau de l'appareil juxtaglomérulaire.
La réninémie * hémo : du grec haima, [-émie, héma-, hémat(o)-, hémo-] : relatif au sang, est le taux de rénine dans le sang. Haut de page.