Retour à la page d'accueil 

Dernière modification :
14-02-2012

Rein, rén(o)-     Du latin renalis [rén(o)-, -rénal, rénine], relatif aux reins. Voir aussi la page "néphr(o)-". Le mot rein est issu, vers 1120, du latin ren, renis (presque toujours au pluriel rennes) qui signifie "région lombaire", mais aussi "lombes", "dos", "flancs". Il a d'abord été employé uniquement au pluriel, notamment dans des expressions comme "tours de reins" vers 1870, "coup de reins" en 1891. En argot ancien, "avoir quelqu'un aux reins" signifiait être poursuivi par qqn. On dirait aujourd'hui "avoir quelqu'un aux fesses" !
Dans les écrits bibliques, les reins étaient associés (siège de) aux passions et aux impulsions inconscientes, comme le cœur l'était à l'activité consciente : "sonder les reins et les cœurs".
D'autres expressions attestent que le sens premier de "reins" était bien celui de "région lombaire", "dos" ou "flancs", comme "avoir les reins solides", "(se) casser les reins ou à qqn".
Le singulier rein, attesté pour la première fois en 1328, puis en 1538 dans des textes médicaux est donc très probablement un emprunt au latin médical pour désigner les 2 organes sécréteurs d'urine, du fait qu'ils se trouvent dans les lombes.
Pour expliquer que le mot rein ne soit apparu qu'au 19e siècle, il faut savoir qu'on utilisait avant la racine "néphro-", du grec "nephros" ou du bas latin "nephriticus" (malade affligé de douleurs rénales) qui désignait le rein en tant qu'organe producteur d'urine, dans des mots aujourd'hui disparus ou très peu utilisés comme gravelle (pour la néphrite), néphritide, néphrésie, néphrétie, entre autres.


Rein - Rein artificiel - Rénal - Réniforme - Rénine - Rénine-angiotensine (système) - Rénine-angiotensine-aldostérone (système) - Réninémie - Rénovasculaire

Rein   Rénal   Réniforme   Rénovasculaire
Urologie néphrologie, anatomie, chirurgie  -  [Angl. : Kidney, Renal, Reniform, Renovascular]   N. m.  * rein :
du latin renalis [rén(o)-, -rénal, rénine], relatif aux reins.  Le rein est un organe pair (il y en a normalement deux), de couleur brun rouge, situé dans la région lombaire de part et d'autre de la colonne vertébrale, et dont la principale fonction est la fabrication et la sécrétion de l'urine. En forme de gros haricot aplati, le rein mesure environ 12 x 6 x 3 cm. Coupe sagittale d'un rein  Le droit est situé juste sous le foie, alors que le gauche est contre la rate. Les reins sont entourés par une capsule fibreuse et très résistante. On trouve ensuite, de l'extérieur vers l'intérieur, une zone corticale ou cortex ou zone glomérulaire, qui contient jusqu'à un million de glomérules (voir ci-dessous) par rein. Puis la zone médullaire, formée par les pyramides de Malpighi, elles-mêmes constituées d'un nombre plus ou moins important de tubes collecteurs. Schéma simplifié de l'appareil urinaire  Tous ces tubes collecteurs s'ouvrent dans les calices, qui donnent accès au bassinet, zone où est collectée l'urine avant d'être évacuée par les uretères  vers la vessie.
Adjectifs : rénal : qui se rapporte au rein ; réniforme : qui a une forme de haricot, semblable à un rein ; rénovasculaire : qui se rapporte aux reins et aux vaisseaux sanguins.
* Des cellules aux reins : Les déchets cellulaires sont pris en charge par la lymphe interstitielle, puis passent dans les capillaires sanguins --> veines caves --> oreillette droite --> ventricule droit --> artères pulmonaires --> poumons --> veines pulmonaires --> oreillette gauche --> ventricule gauche --> artère aorte --> artères rénales --> reins, à raison de 1 500 litres de sang par jour !
* Les trois fonctions du rein : c'est un organe particulièrement bien vascularisé. Les capillaires issus de l'artère rénale se pelotonnent et forment les glomérules. Ce sont eux qui constituent l'essentiel de la zone corticale ou glomérulaire, entre la capsule fibreuse et les pyramides de Malpighi. Détail d'un néphron et de son tube collecteur  Autour de chaque glomérule, une capsule creuse ou capsule de Bowman est le point de départ d'un tube urinifère (à ne pas confondre avec le tube collecteur).
On appelle néphron l'ensemble glomérule + capsule + tube urinifère. C'est l'unité anatomique et fonctionnelle de filtration.
Détail important pour comprendre l'efficacité du filtre rénal : les néphrons d'un rein mis bout à bout représentent environ 75 kilomètres !
1 - Par différence de pression, 170 litres d'urine primitive passent chaque jour des glomérules (pression > 50 mm Hg) dans les capsules (p = 10 mm Hg). Les activités du néphron  Cette urine primitive est constituée d'eau et de petites molécules, sels minéraux, glucides ... Cette première phase est la filtration glomérulaire.
2 - Pendant le trajet dans les tubes urinifères, 99% de l'urine primitive sont réabsorbés par les réseaux capillaires (eau, sels minéraux, glucose ...). Certaines substances ne sont éliminées dans l'urine que si leur concentration dans le sang dépasse un certain seuil : 1,7 g/L pour le glucose, 5,6 g/L pour le sel NaCl etc. Ce sont des substances à seuil. D'autres sont éliminées quelle que soit leur concentration : urée, acide urique, enzymes et hormones dégradées, médicaments, nicotines, anabolisants, certaines drogues ou leurs produits de dégradation ... Ce sont les substances sans seuil. Cette deuxième phase est la réabsorption tubulaire.
3 - Le rein transforme des substances toxiques (ammoniaque par ex.) en produits inoffensifs : acide hippurique, sels ammoniacaux, et synthétise des pigments urinaires : urochrome et urobiline. Cette troisième phase est celle des synthèses.
Trajet complet de l'urine : néphrons --> tubes collecteurs --> calices --> bassinet --> uretères --> vessie --> urètre --> miction.

En filtrant sélectivement le sang et en réabsorbant les éléments utiles, le rein joue un rôle détoxiquant et assure la régulation du volume et de la composition chimique du milieu intérieur, c'est-à-dire le maintient de l' HOMÉOSTASIE, grâce à l'action conjuguée de plusieurs hormones, dont l'ADH*, antidiurétique (hypothalamus et hypophyse) et l'aldostérone* (surrénale). Le rein sécrète aussi l'EPO ou érythropoïétine, hormone qui permet la maturation des globules rouges dans la moelle osseuse. Il permet en outre la transformation de la vitamine D en sa forme active.

Principales pathologies rénales : le cancer du rein, le kyste du rein. Pour d'autres pathologies, voir la page néphro.
* ADH :
Endocrinologie et métabolismes, médecine biologique  -  Abrév.  Antidiuretic hormone. *Anti- : préfixe indiquant l’hostilité, l’opposition ou la défense (contre) * dia : du préfixe grec dia- signifiant soit « séparation, distinction », soit « à travers » * urétique : du grec oûron [uro-, -urie, -urèse, -urétique], urine * hormone : du grec hormôn [hormon(o)-, hormonal], exciter.  L'ADH ou hormone antidiurétique ou vasopressine est une hormone qui intervient dans la régulation des mouvements de l'eau dans l'organisme en diminuant les sorties d'eau dans les urines. C'est un polypeptidique de 9 acides aminés, synthétisé dans l'hypothalamus puis acheminé par le flux axonique jusqu'à l'hypophyse postérieure où il est stocké.
Son action s'exerce sur le rein en favorisant la réabsorption de l'eau en augmentant les perméabilités du tube contourné distal et du tube collecteur. Sa sécrétion est activée par une hyperosmolarité plasmatique (osmorécepteurs hypothalamiques), une hypovolémie (volorécepteurs de l'oreillette gauche), une hypotension (barorécepteurs du sinus carotidien et de la crosse aortique). L'hypotonie plasmatique, l'hypervolémie et l'hypertension inhibent sa sécrétion.
* Aldostérone : Endocrinologie et métabolismes, médecine biologique  -  N. f.  * aldo : d
u mot ald[éhyde], lui-même formé à partir de al[cool] déhyd[rogenatum] ; * stérone : du grec stereos [-stérol, -stéroïde, -stérone], solide qui, avec kholê (bile) a formé cholestérol, découvert sous forme de cristaux blancs solides dans les liquides et les cellules de l’organisme ; désigne aussi les corps qui dérivent du noyau stérol.  L'aldostérone est une hormone minéralocorticoïde (sécrétée par la corticosurrénale et qui agit sur l'équilibre hydrominéral) stéroïde, de poids moléculaire 360, impliquée dans la régulation de l'équilibre hydrominéral. Elle agit au niveau du rein, plus précisément des néphrons, en augmentant la réabsorption du sodium urinaire (NaCl) et en favorisant l'excrétion du potassium dans les urines, ce qui provoque une rétention d'eau. De plus, cette hormone déterminant une sensation de soif au niveau des centres hypothalamiques (dipsostat - du grec dipsos [dips(o)-, -dipsie], soif ; du grec statos,  stasis [stat(o)-, -stat,  -stase, -stasie, -statique, -statisme], station verticale, base, arrêt, stable), le sujet boit ce qui contribue à augmenter la volémie. La libération de l'aldostérone est sous la dépendance de l'angiotensine II. Ainsi, une partie de l'action hypertensive de l'angiotensine II est due à la libération d'aldostérone.
L'aldostéronisme (ou hyperaldostéronisme) est la sécrétion excessive d'aldostérone, ce qui perturbe le bilan sodium - potassium), une hypertension artérielle, une rétention du sodium Na et une fuite urinaire de potassium K (hyperkaliurie). Il en résulte une alcalose métabolique. On distingue l'hyperaldostéronisme primaire, dû souvent à la présence d'un adénome surrénalien (c'est le syndrome de CONN) et  l'hyperaldostéronisme secondaire, dans lequel tout le système rénine - angiotensine - aldostérone est perturbé. A noter que la sécrétion d'aldostérone est augmentée pendant les grossesses.
            Haut de page.

Rein artificiel
Urologie néphrologie, médecine biologique  - 
[Angl. : Artificial kidney]   N. m.  * rein : du latin renalis [rén(o)-, -rénal, rénine], relatif aux reins.  Le rein artificiel est un appareil fixe ou un équipement portable qui permet de palier la déficience des reins. Ce procédé est pous connu sous le nom d'hémodialyse ou hémodiafiltration. * hémo : du grec haima, [-émie, héma-, hémat(o)-, hémo-] : relatif au sang ; * dia : du préfixe grec dia- signifiant soit « séparation, distinction », soit « à travers » ; * filtration : du latin médiéval filtrum [-filtre, -filtration], appareil ou action qui permet de séparer un liquide des matières qui s’y trouvent en suspension.  L'hémodiafiltration est en fait la combinaison de deux techniques : l'hémodialyse et l'hémofiltration (nommée aussi à tort "rein artificiel"). Appelée également C.V.V.H.D. (hémodiafiltration veino-veineuse continue), cette technique a fait l'objet d'une circulaire DGS/DH/AFSSAPS n° 2000-311 du 7 juin 2000 : DGS = Direction Générale de la Santé ; DH = Direction des Hôpitaux ; AFSSAPS : Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé.
L'hémodialyse utilise deux mécanismes essentiels de transfert de soluté : la diffusion (les molécules passent à travers une membrane perméable du milieu le plus concentré vers le milieu le moins concentré) et la convection : création d'un mouvement continu par injection d'un soluté et récupération d'un dialysat. Les modalités techniques de l'hémodialyse dépendent de la perméabilité de membranes utilisées : il en existe à haute et à basse perméabilité. L'appareil utilisé est un hémodialyseur.
Dans l'hémofiltration, le transfert des solutés est purement convectif, avec une membrane de haute perméabilité. L'appareil injecte une solution de composition proche de celle d'un ultrafiltrat plasmatique avec un débit équivalent à celui de l'ultrafiltration.
L'hémodiafiltration est un combiné des techniques précédentes, utilisant la diffusion pour les petites molécules de déchets et la convection pour l'extraction des déchets de poids moléculaire élevé. Cette technique nécessite 2 solutions : un dialysat et une solution de substitution. Lorsque l'hémofiltration et l'hémodiafiltration sont effectuées en ligne, la présence d'un médecin néphrologue est obligatoire.

Comment se passe une séance d'hémodialyse ? Commentaire d'une patiente (et amie) soumise à 3 séances par semaine, en attente d'une greffe.           Haut de page.

Rénine   Réninémie   Rénine-angiotensine (système)   Rénine-angiotensine-aldostérone (système)
Endocrinologie et métabolismes, médecine biologique, urologie néphrologie  - 
[Angl. : Renin, Plasma renin activity, Renin-angiotensin system, Renin-angiotensin-aldosterone system]   N. f.  * réno : du latin renalis [rén(o)-, -rénal, rénine], relatif aux reins ; * ine : du suffixe -in, -inal(e),  -ine, -inine, servant à transformer un mot ou un adjectif en un autre mot ou substantif.  La rénine est une enzyme protéolytique (qui agit sur les protéines) sécrétée par l'appareil juxtaglomérulaire du rein (zone située à proximité des glomérules). La rénine n'a pas d'action directe sur l'organisme, mais fait partie de ce que l'on appelle le système rénine-angiotensine ou encore le système rénine-angiotensine-aldostérone.  Elle provoque l'hydrolyse dans le sang de l'angiotensinogène produit par le foie en angiotensine I (décapeptide), elle-même transformée en angiotensine II (octopeptide) par une enzyme appelée enzyme de conversion, qui est la substance vasoconstrictrice la plus puissante de l'organisme. L'angiotensine II provoque la constriction des artérioles, ce qui a pour effet immédiat d'augmenter la TA (tension artérielle). Autre effet de l'angiotensine II : elle active la production d'aldostérone par les surrénales, provoquant de ce fait une rétention de sodium (NaCl) et d'eau, ce qui augmente encore la TA. La libération de rénine est provoquée par une chute de la concentration en ions sodium Na+ qui serait détectée directement au niveau de l'appareil juxtaglomérulaire.
La réninémie
* hémo : du grec haima, [-émie, héma-, hémat(o)-, hémo-] : relatif au sang, est le taux de rénine dans le sang.           Haut de page.